Samedi 4 novembre 2006

 

"L'affaire Femina: en rire avant tout, comme d'un vaudeville. Tout s'y prête, le lieu de l'action, l'hôtel Crillon, enclave luxueuse de la place de la Concorde, si mal nommée en la circonstance, les protagonistes, un "gang" ( terme utilisé par l'accusée) de dames respectables, tant par l'âge que par l'oeuvre, l'objet du délit enfin, quelques lignes jugées diffamatoires dans le dernier ouvrage de l'une d'elle.

Dans son "Journal d'hier et d'aujourd'hui" ( Fayard) Madeleine Chapsal, auteur(e) a succès de romans sur les hommes qui trompent et les femmes qui vieillissent, après avoir été la brillante intervieweuse que l'on sait ( je pense en particulier a l'entretien qu'elle mena en 1962 avec Georges Bataille, le dernier de l'écrivain qui décéderait quelques mois plus tard ) révèle les dessous de la délibération de 2005 au terme de laquelle avait été couronné un auteur exigeant, Régis Jauffret, et une maison qui n'a jamais cessé de l'etre: Gallimard. Voici, entre autre, ce qu'elle écrit:

"Raconter une remise du prix Femina, le jour J, relève de l'impossible, tant il se passe de petits faits et gestes entre douze dames...six d'entre elles avaient décidé mordicus et avant même d'entrer en scène de voter pour Gallimard en faveur de Régis Jauffret. Je n'avais rien contre, mais c'est ce côté"gang" qui m'a énervée." Propos assez anodins, juges pourtant inacceptables, d'où l'exclusion (madame Chapsal ayant refusé la démission comme on l'y invitait. )

Cette exclusion peut-elle en rappeler d'autres, en des temps plus tragiques? N'appartenant pas au camp de ceux qui lèvent les vieux drapeaux du stalinisme et du fascisme pour un oui pour un non, je me contente de m'interroger. Que reproche-t-on exactement à madame Chapsal ? D'avoir, plus ou moins habilement, apporté un seau d'eau fraîche au moulin des justes qui, d'une année sur l'autre et sans lassitude, dénoncent "la magouille des grands prix"? D'avoir rompu un pacte? Mais lequel? Et pourquoi ce silence du côté du Crillon alors que l'accusée, devant un agneau cuit à ses yeux sans égards, s'en prenait aussi aux compétences du chef du palace parisien?

Tout cela parait bien obscur. Aussi obscur que les jalousies dont cette exclusion serait peut-être la traduction brutale... En rire donc. Telle fut ma pulsion première. Pulsion banale d'une époque experte en divertissements, pulsion d'une société du spectacle où les humoristes sont crédités d'une audience que n'auront jamais ceux qui, dans l'ombre, font oeuvre d'analyse et de réflexion. En rire, salutaire, sans doute, mais un peu facile...

Puis je me suis souvenue des réunions des derniers mois pour la constitution du Prix Lilas, de nos efforts d'arbitrage, de tolérance et d'harmonie. Efforts, oui, tant il est difficile de ne pas suivre la pente de l'intérêt, de l'amour-propre, de l'ambition personnelle. A cette entente, il me semble que nous soyons parvenues. Pour l'instant. Il faut bien sur qu'elle s'affirme et survive, et cela ne se fera qu'au prix de notre honnêteté, de notre vigilance. A cette condition seulement, le Prix Lilas sera, comme nous le souhaitons, un prix littéraire différent des autres. C'est aujourd'hui notre engagement. Espérons que dans 20 ans ce sera sa réputation.

Elisabeth Barillé Jury Tournant LILAS 2007, Romancière et journaliste

Par Lilas - Publié dans : Prix Lilas 2007
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Mardi 17 octobre 2006

 

 

 

 

L’originalité du prix Lilas

 

par la présidente, Emmanuelle de Boysson

 

 

Les fondatrices ont proposé à des critiques romancières de participer au jury sans se douter de l’engouement qu’il susciterait. Pour la première année, douze personnes ont accepté de s’associer à elles. Le jury ne pouvant compter à l’avenir dix-sept membres, l’idée d’un jury tournant est venue naturellement. Pour des raisons strictement pratiques, le jury ne pourra excéder treize membres : cinq permanents et huit invitées ; au-delà, il devient en effet très difficile de fédérer le groupe. Il va de soi que l’idée de jury tournant contient la possibilité de revenir en qualité de membre invité. Toute participante à un jury fera ipso facto partie de l’Académie Lilas. Les prérogatives de l’Académie Lilas seront entre autres de décerner une palme de l’édition, voire un autre prix. La diversité des invitées donnera un souffle nouveau au prix qui accueillera des sensibilités volontairement différentes.

La raison de ce choix repose d’abord sur un constat : les statuts et les structures des autres prix littéraires favorisent l’habitude dans la facilité. Certains membres viennent moins souvent aux réunions tout en gardant leur siège au chaud.

Nous souhaitons tout mettre en oeuvre pour maintenir un haut niveau de compétence, de pluralité, d’intégrité, dans un souci commun d’exigence et de liberté. Cette alternance conférera plus de dynamisme et d’indépendance au prix Lilas ; notre ambition étant de créer un événement de référence pour le public et de défendre une littérature à la fois populaire et de qualité.

 

 Pourquoi un prix de femmes ? Il est légitime qu’il y ait un prix de femme parce qu’il y a plus de lectrices que de lecteurs. Les femmes écrivains représentent une proportion de plus en plus importante de la production littéraire. Par ailleurs, chacun sait que la quasi totalité des prix décernés l’est par des hommes pour des hommes, à quelques exceptions près. Il nous a semblé bon de rééquilibrer une situation qui s’appuie sur une constante de l’histoire de la littérature. Il ne s’agit nullement de condamner une pratique mais d’en introduire une nouvelle qui proposera une autre approche. Nous avons, en quelque sorte, pris exemple sur certains grands prix étrangers tels l'Orange Prize en Angleterre ou sur le groupe de Bloomsbury réuni autour de Virginia Woolf dans les années vingt et trente.

 

EB

  Pourquoi un jury tournant ?

 Le prix Lilas se compose d’un bureau permanent et d’un jury tournant. Le bureau est constitué des quatre fondatrices et de Carole Chrétiennot grâce à qui le prix est devenu celui de la Closerie des Lilas. Depuis trois ans, les créatrices du prix Lilas ont placé toute leur énergie à donner vie à un projet. Cette aventure pleine de rebondissements a fini par porter ses fruits à force de ténacité et de confiance commune. Les membres du bureau permanent sont civilement responsables des statuts de l’association type loi 1901. Ils définissent la ligne du prix, se chargent de son organisation, veillent à la coordination de l’ensemble du jury, assurent la continuité et le rayonnement du prix.

Par Lilas - Publié dans : Histoire du Prix Lilas
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Lundi 16 octobre 2006

 

 

 

 

 

Agathe Fourgnaud, Elisabeth Barillé, Suzanne Jamet, Brigitte Kernel, Alexandra Lemasson, Valérie McGarry, Isabelle Lortholary. Photos à venir de Geneviève Moll, Nathalie Rheims, Christine Richard, Anne-Florence Schmitt et Marie-Christine Imbault.

 

 

 

 

Par Lilas - Publié dans : Le Jury Tournant 2007
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Jeudi 12 octobre 2006

 

 


Le Jury Permanent du Prix Lilas est composé de Emmanuelle de Boysson,  Stéphanie Janicot, Jessica Nelson,Tatiana de Rosnay et Carole Chrétiennot.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Lilas - Publié dans : Le Jury Permanent
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Lundi 9 octobre 2006

L'histoire du prix par Emmanuelle de Boysson : "L'idée de ce prix est née il y a deux ans d'une boutade entre Jessica Nelson et moi au cours du cocktail du prix Décembre. Et si nous montions un prix de femmes plus jeune que le Fémina ? Jessica m'a présenté Cécile David Weill qui a organisé un déjeuner avec Nathalie Rheims et Tatiana de Rosnay. A l'époque, nous pensions qu'il serait bon de nous adosser à un journal. Tatiana a proposé de prendre contact avec le magazine Psychologies : le prix est devenu « le prix de l'essai Mieux Vivre Psychologies ». Nous avons participé à l'organisation de ce prix, mais très vite, nous avons réalisé qu'il ne correspondait plus à notre idée de départ, à notre désir d'indépendance. A la rentrée suivante, nous avons repris notre projet de créer un prix du roman de femmes et nous avons proposé à Michèle Fitoussi, à Geneviève Brisac, à Gila Lustiger et à Karine Tuil d'y participer. Le lendemain d'un dîner où chacune a eu l'air emballé, ces quatre personnes se sont désistées par manque de temps, par crainte de se surcharger. Heureusement, je déjeunais avec Tatiana. Le ventre noué, je m'interrogeais. Tatiana est venue à la maison, m'a remonté le moral. Ensemble, nous avons rédigé des mails et, peu à peu, nous avons recomposé un groupe. Cette expérience nous a tout de même échaudées. Elle nous a incité à opter pour un jury souple, sans engagement da vitam. Nous avions des projets de sponsors pas franchement aboutis. Quand Christine Richard et Stéphanie Janicot nous ont dit que l'endroit le plus romantique et le plus littéraire était la Closerie des Lilas, nous les avons encouragées à en parler à Miroslav Siljegovic et à Carole Chrétiennot. Par chance, Carole souhaitait depuis un moment redonner à La Closerie des Lilas son prestige littéraire. Elle a accepté avec confiance et enthousiasme de nous accueillir à la Closerie des Lilas et que le prix devienne le prix de la Closerie des Lilas baptisé: Prix Lilas, comme l'avait suggéré Jessica quand nous cherchions une couleur équivalente à l'Orange Prize."

Par Lilas - Publié dans : Histoire du Prix Lilas
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