Partager l'article ! Prémière sélection du Prix de la Closerie des Lilas 2012: Mercredi 1er février 2012, le jury du Prix de La Closerie des Lilas s’est réuni ...
Mercredi 1er février 2012, le jury du Prix de La Closerie des Lilas s’est réuni afin d’établir une première sélection de treize romans de femmes parus entre janvier et mars 2012.
Le Prix de la Closerie des Lilas, créé en 2007, poursuit avec toujours autant d’enthousiasme sa mission : soutenir, faire
connaître une littérature féminine de qualité. Par souci d’indépendance et d’ouverture, la volonté des fondatrices a été d’instituer un jury tournant qui rassemble des femmes du monde des
arts, des lettres, de la presse, des sciences et de la politique. Le prix de la Closerie des Lilas est d’abord une histoire d’amitié, de passion partagée pour la
littérature.
Première sélection :
Solange Bied-Charenton « Enjoy » (Stock)
Caroline Boidé « Les impurs » (Serge
Safran)
Florence Chapiro « Les Favorites » (Fayard)
Dominique Eddé « Kamal Jann »
(Albin Michel)
Sibylle Grimbert « La conquête du monde » (Léo Scheer)
Nathalie Kuperman « Les raisons de mon crime » (Gallimard)
Elisabeth Laureau-Daull « Le syndrome de glissement » (Arléa)
Nathalie Léger « Supplément à la vie de Barbara Loden » (P.O.L.)
Virginie Lou-Nony « Décharges » (Actes Sud)
Stéphanie Polack « Comme un frère » (Stock)
Marie-Sabine Roger « Bon rétablissement » (Editions du Rouergue)
Alexandra Varrin « J’ai décidé de m’en foutre » (Léo Scheer)
Carole Zalberg « A défaut d’Amérique » (Actes Sud)












L'idée est née d'une boutade entre Jessica Nelson et moi au cours du cocktail du prix Décembre. "Et si nous montions un prix de femmes plus
jeune que le Fémina ?" Jessica m'a présenté Cécile David Weill qui a organisé un déjeuner avec Nathalie Rheims et Tatiana de Rosnay. A l'époque, nous pensions qu'il serait bon de nous
adosser à un journal. Tatiana a proposé de prendre contact avec le magazine Psychologies : le prix est devenu « le prix de l'essai Mieux Vivre Psychologies ». Nous avons participé
à l'organisation de ce prix, mais très vite, nous avons réalisé qu'il ne correspondait plus à notre idée de départ, à notre désir d'indépendance. (...) Alors, Tatiana et moi avons rédigé des
mails et, peu à peu, nous avons recomposé un groupe. (...) Quand Christine Richard et Stéphanie Janicot nous ont dit que l'endroit le plus romantique et le plus littéraire était la
Closerie des Lilas, nous les avons encouragées à en parler à Miroslav Siljegovic et à Carole Chrétiennot. Par
chance, Carole souhaitait depuis un moment redonner à La Closerie des Lilas son prestige littéraire. Elle a accepté avec confiance et enthousiasme de nous accueillir à la Closerie des Lilas et
que le prix devienne le Prix Lilas, comme l'avait suggéré Jessica quand nous cherchions une couleur équivalente à l'Orange Prize."
Emmanuelle de Boysson, présidente du jury
Lire l'intégralité de l'histoire du Prix de la Closerie des Lilas : cliquez ici.
« Comme un frère » de Stéphanie Polack
« Comme un frère » est un beau roman, authentique et magistral, habilement construit, d’une écriture vigoureuse et exigeante, au style élégant, vif et précis ; il nous transporte dans les années cinquante et nous fait revivre un événement dramatique concernant un oncle par alliance de Diane, la narratrice ( qui n’est autre que le double romanesque de l’auteure )… Dès les premières lignes, l’on se sent emporté dans l’histoire de Jacques Flesch - plutôt passée sous silence par sa famille - , personnage ivre d’aventures et de liberté, « qui a soif d’émancipation, de risques et veut se détacher des contingences… », il veut prendre le large, partir « à la quête d’un paradis perdu et de l’impossible extase ». Et pour réaliser son rêve, il n’hésite pas à braquer une agence de change, et, dans la foulée, abattre un policier. Diane imagine cet homme, « un spectre, son fantasme », qui devient son idole : elle est littéralement obsédée par lui, constamment à la recherche de la vérité, elle cherche à comprendre sa motivation et ses agissements. Elle vit dans un espace irréel. Et pour se libérer, elle ira jusqu’à s’initier à la psychanalyse et suivre elle-même une analyse auprès d’un « coboy lacanien ». Elle mène, sur son personnage, une analyse psychologique profonde, extrêmement poussée, entrecoupée de descriptions poétiques relatives en particulier à la Méditerranée ( la côte sarde, ses dunes, ses flamants roses…). Parallèlement, elle évoque son histoire d’amour avec Serge. Puis l’histoire familiale la rattrape : « des réminiscences incongrues l’envahissent, des souvenirs douloureux, des blocs entiers de son enfance, des souvenirs d’accident »… Elle ne sort pas indemne de ce parcours ; au final, ce n’est pas un oncle qu’elle s’est inventé, mais « un frère maudit, un frère impossible ».
Yvette Bierry, 1ier mars 2012